
JEUDI 12 FÉVRIER À PARTIR DE 19H
SOIRÉE DE SOUTIEN / JUSTICE ET VÉRITÉ POUR EL HACEN DIARRA
EN COLLABORATION AVEC LA COOPÉRATIVE DE MÉNILMONTANT
Dans la nuit du 15 au 16 janvier, El Hacen Diarra, travailleur originaire de Mauritanie, est mort durant sa garde à vue au commissariat du XXe arrondissement de Paris, après avoir été violemment battu par des policiers devant le foyer des Mûriers où il vivait.
Alors que l'opinion et les médias s'indignent des exactions commises outre-Atlantique par ICE, la milice anti-immigration de Trump, la mort d'El Hacen Diarra vient nous rappeler une fois de trop la litanie des crimes d'État qui se déroule en France depuis des décennies, encouragée par le racisme systémique et les politiques xénophobes. Rappelons-le, depuis 10 ans, les violences policières ont plus que doublé, alors que leur taux de résolution a diminué de moitié. Des statistiques effrayantes qui n'ont pas d'équivalent dans les autres catégories de délinquance. Les violences policières ne sont pas des "cas isolés", comme l'affirme le ministre de l'intérieur Laurent Nunez, mais un phénomène systémique qui organise le sentiment d'impunité. La mort d’El Hacen Diarra n’a malheureusement rien d’exceptionnelle. Elle s’inscrit dans un continuum de violence, d’abus de pouvoir et de mort. Le commissariat du XXe arrondissement de Paris en est l’exemple. En 2007, Lamine Dieng y meurt par asphyxie mécanique lors d'une garde à vue. En 2021, Hisham, un journaliste, y est passé à tabac par un policier. Pour des faits survenus entre 2019 et 2020, un autre fonctionnaire de police est condamné en 2025 pour agressions sexuelles sur six femmes, dont une mineure, durant l'exercice de ses fonctions. En 2023, dans le même arrondissement, alors qu’ils sont en train de faire du scooter à trois, Safyatou, Salif et Ilan, âgés de 13, 14 et 17 ans, se font percuter intentionnellement par une voiture de police.
Les violences policières dont El Hacen Diarra a été victime sont une manifestation parmi d’autres de la montée du fascisme qui cherche à se déployer dans nos quartiers en s’attaquant d’abord aux groupes opprimés et minoritaires : migrant.es, femmes, personnes LGBTQIAP+, minorités religieuses, personnes racisées, TDS, etc. À côté de chez nous, la librairie féministe Violette & Co a été récemment perquisitionnée par la police dans le cadre d’une enquête autour de la publication d'un livre de coloriage pour enfants sur la Palestine, et fait régulièrement l’objet de menaces de la part de l’extrême-droite. Cette situation inédite survient dans le contexte d’une vague d’attaques menées dans plusieurs villes françaises contre les librairies soutenant la Palestine.
Ces événements ont lieu autour de nous et menacent nos quartiers, nos espaces de rencontre, de sociabilité, et nos allié-es ! C’est la raison pour laquelle il est pour nous important d’organiser cette soirée de soutien en collaboration avec la coopérative de Ménilmontant, la Marche des Solidarité, le comité Justice pour El Hacen Diarra et les habitant-es du foyer des Mûriers. L’argent récolté au cours de la soirée sera reversé à la cagnotte pour participer aux frais de justice de la famille et au rapatriement du corps d’El Hacen Diarra.